Hope they love their children too

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Nous sommes en 1985.

L’Europe et une partie du monde sont divisés en deux avec d’un côté l’Union Soviétique et de l’autre les Etats Unis.

Après la crise des missiles de Cuba (1962), les deux blocs avaient tenté une politique de la détente qui consistait à se faire la guerre mais indirectement, au Vietnam (1975) ou ailleurs, afin de montrer sa puissance sans pour autant utiliser l’arme nucléaire.

Nous, européens de l’ouest vivions avec des missiles soviétiques pointés sur nos métropoles. Depuis 1979, des voix s’élevaient pour réclamer que, nous aussi, nous installions des missiles américains, pointés sur les villes de l’Est afin de créer un équilibre de la terreur.

En 1980, Ronald Reagan entrait à la maison blanche. L’ancien acteur de films de série B, très anti-soviétique, souhaitait rendre (déjà !) sa grandeur à l’Amérique et mettre fin à la politique de détente. Un an plus tôt, celle que l’on surnommait la Dame de fer, Margaret Thatcher, avait pris le pouvoir en Angleterre.

En 1983, le Président socialiste François Mitterand faisait campagne, contre les pacifistes et les communistes,  pour l’installation de missiles américains en Allemagne de l’Ouest en déclarant « Je suis moi aussi contre les euromissiles, seulement je constate que les pacifistes sont à l’Ouest et les euromissiles à l’Est ».

1985, nous sommes dans ce monde-là, un monde de défiance, où l’on se fait la guerre sans se le dire vraiment, où on essaye de trouver une solution sans trop savoir ce que peuvent bien penser ceux qui sont en face.

C’est alors que, sur la FM, on entend Sting chanter « Russians »

In Europe and America there’s a growing feeling of hysteria.
Conditioned to respond to all the threats
In the rhetorical speeches of the Soviets.
MIster Krushchev said, « We will bury you. »
I don’t subscribe to this point of view.
It’d be such an ignorant thing to do
If the Russians love their children too.

Et si les russes aimaient, eux aussi, leurs enfants ? Et si, finalement, ces horribles soviétiques étaient aussi des êtres humains ?

C’est vrai que, quelques mois plus tôt, Mikhaïl Gorbatchev avait pris le pouvoir en Union Soviétique, mais que pouvait-on attendre de ce jeune apparatchik sinon la perpétuation de cette même politique ?

Et pourtant… on le comprendra plus tard, mais, s’il croyait à l’idéal communisme, Mikhaïl Gorbatchev ne croyait pas à la terreur. Il avait compris que cette politique opprimait aussi son propre peuple. Oui, les russes aimaient aussi leurs enfants, comment avait-on peu en douter un jour ?

Nous sommes en 1985 et Mikhaïl Gorbatchev va, il faut le dire un peu malgré lui, mettre fin à la crise des missiles, à la division de l’Europe,… à notre peur d’une IIIe guerre mondiale !

En 1985, alors que nous écoutons la chanson un peu naïve de Sting, qui imagine la chute du Mur de Berlin qui cèlerait la fin de ce cauchemar qui dure depuis 40 ans ?

Avec les attentats, nous vivons une nouvelle situation difficile en ex-Europe de l’Ouest.

Qu’est-ce que cette histoire peut bien nous dire aujourd’hui, alors que nous sommes plongés dans la peur des islamistes et des attentats ?

Ces attentats qui touchent indifféremment hommes, femmes, jeunes, enfants, chrétiens, musulmans,… sont-ils l’oeuvre de monstres, ou leurs auteurs sont-ils malgré tout humains ? Sont-ils prêts à tout sacrifier à jamais ou les djihadistes aiment aussi leurs enfants ?

C’est la thèse du film « Conspiracy » qui vient de sortir en Salle

Et si, au bout d’un moment, les islamistes en avaient assez de ces morts ? Et si ils étaient, eux aussi humains ? Et s’il y avait une voie pour sortir de tout ça.

Conspiracy n’est pas un film fleur bleue, mais bien un film d’espionnage.

Un film qui joue des codes de ce réel dans lequel nous vivons aujourd’hui mais ouvre cette petite lueur d’espoir.  Le titre anglais de Conspiracy est « Unlocked ». Un adjectif qui qualifie le personnage principal mais qui pourrait aussi nous dire quelque-chose de la situation que nous vivons… on a envie d’y croire…

Un film à voir, en tout cas.

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